La Tradition ?

C’est ainsi qu’il convient de creuser chacun son puits personnel pour atteindre la nappe d’eau commune à tous. (Anaïs Nin – Journal – Ed. Stock)


Tradition ?

Voici quelques éléments de réflexion glanés ça et là :

la tradition est le lien du présent avec le passé ——- Lacordaire (1802-1861)

 

Tout d’abord l’origine :

Tradition : du latin « traditio » action de transmettre

Ce mot s’applique à tout ce que l’on sait ou met en pratique – le plus souvent, mais pas seulement – par transmission orale, de génération en génération.

 

Depuis 1985 L’UNESCO propose cette définition du folklore :

« le folklore, (au sens large de culture traditionnelle et populaire) est une création émanant d’un groupe et fondée sur la tradition, exprimée par un groupe ou des individus, réconnue comme répondant aux attentes de la communauté en tant qu’expression de l’identité culturelle et sociale de celle-ci.

Les normes et les valeurs se transmettent oralement, par imitation ou par d’autres manières.

Ses formes comprennent entre autres la langue, le littérature, la musique, la danse, les jeux, la mythologie, les rites, les coutumes, l’artisanat, l’architecture et d’autres arts. »

 

Et puis quelques éléments de réflexion dans ces extraits d’un texte – très riche – écrit par Jany Rouger quand il était coordinateur de la FAMDT

L’universalité n’est pas à rechercher dans la négation des singularités mais prend corps dans leur expression même.

 

M ichel Serres a écrit, dans le Nouvel Observateur du 4 novembre 1993 :

«  Quand on prétend défendre le mondialisme ou l’universel, il faut faire attention à un énorme contresens, en réalité il y a deux sortes d' »universel » : celui qui correspond à la domination d’une seule loi, d’un seul modèle, et puis l’autre, celui qui permet à chaque homme, dans sa singularité, d’être en contact avec les autres singularités. C’est l’échange lui-même qui postule la singularité préservée. Si nous parlions la même et langue et partagions la même culture, nous n’aurions plus rien à échanger. »

 

C’est ainsi qu’il convient de creuser chacun son puits personnel pour atteindre la nappe d’eau commune à tous. (Anaïs Nin – Journal – Ed. Stock)

En conséquence, il nous faut affirmer notre volonté de résistance à l’uniformisation culturelle mondiale. Il nous faut revendiquer le droit de chacun à s’épanouir dans la diversité de ses identités, seule manière d’éviter les conflits et les replis nationalistes.

 

Edgar Morin écrit, dans le Monde du 5 juillet 1991 :

« La double identité, provinciale et nationale, cesse d’être vécue de façon paisible dès lors que le courant d’homogénéisation civilisationnelle menace la première identité. D’ou les réactions provincialistes de défense linguistique, culturelle et économique, voire même les virulences devenant nationalistes pour sauvegarder l’identité menacée. »

Ce n’est donc pas la valorisation des identités qui conduit aux nationalismes, mais leur négation même.

« Le droit de vivre « dans plusieurs dimensions », seule réponse possible à la complexité du monde moderne. »

Alain Touraine écrit, dans le Monde du 17 décembre 1991 :

« Il ya aussi des niveaux beaucoup plus éclatés, qui sont socioculturels, des traditions, des mémoires, des appartenances, des identités. Pourquoi faudrait-il choisir ? Le modèle dit « républicain » est un modèle nostalgique et même en très grande partie mythique, parce qu’il essaie de revenir à cette unité d’une seule dimension, alors qu’il faut apprendre à vivre dans plusieurs dimensions. »

 

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